jeudi 28 mai 2009
J'ai une furieuse passion pour le packaging, l'emballage, le coffret, la boite, le sac papier, l'enveloppe, bref, tout ce qui, dans la superficialité, l'objet quotidien qu'on ne regarde plus, le caché, l'inutile, fait affleurer l'esprit rien que pour le plaisir du clin d'oeil.
En la matière, les code-barre des Ponti sont une référence classique. Ce truc noir qui fait bip et qui révulse certains éditeurs puristes, qui permet au distributeur et au libraire de gagner du temps dans ses indispensables et peu agréables tâches logistiques, peut aussi être détourné à l'oulipienne.
On est abreuvés régulièrement de coffrets cartonnés de mauvaise qualité, pas pratiques, ou pas particulièrement jolis. Régulièrement, on me demande de sortir ou remettre des livres dans leur coffret car c'est si mal fichu qu'il est difficile de les manier et que par déformation professionnelle, on pense que je vais savoir en découdre. Le comble récemment en Italie, est d'avoir pris en flag une libraire enfonçant un grand couteau à pain dans un coffret Citadelle et Mazenod dans lequel un client avait coincé le livre sans plus pouvoir l'en sortir ! Au prix du livre en achat ferme, on comprend la ragerie du libraire.
Il y a les Beaux-livres au design unique comme le Preljocaj de Naive (image : blog Typosphère.fr) , dont le coffret plastique m'avait paru pas super, un peu cheap, avant d'avoir vu les jeux graphiques à travers.



Il y a aussi l'anti packaging : les folio policiers et imaginaire gallimard vendus livre+CD qui sont juste sous blister.
extension du domaine du social ou nouveau paradigme?
Au quotidien, le libraire noue et tisse des relations qui lui permettent de prendre sa place dans le tissu social, professionnel et souvent urbain. Quand il a une bonne connaissance de ce réseau, il peut hiérarchiser et prioriser pour savoir comment l'activer pour se faire mieux connaitre et reconnaitre, y développer des entraides et des partenariats pour développer l'activité de son entreprise. On peut appeler ça un savoir faire en terme de relations publiques et de communication en quelquesorte.
Il y a des libraires qui savent faire et d'autres qui sont mauvais à ce petit jeu de lobbying, d'influence et d'échanges sociaux et commerciaux.
Pour tisser son réseau dans la communauté telle qu'elle de cristallise sur le net, faut-il être sur facebook se demandait Hubert récemment? Deux questions : où intéragir pour avoir du réseau, et comment intéragir pour compter dans ce réseau?
Comme dans la "vie réelle", disons que ce savoir faire est lié à une activité de veille et prospective sur les réseaux sociaux. Pourquoi les libraires sont-ils si absents des réseaux sociaux du net? Quelle est la différence avec le réseau social traditionnel?
D'une part, le libraire a rarement le temps de s'investir sur les réseaux chronophages et souvent utilisés dans le cadre privé que sont les réseaux sociaux sur internet. Ces réseaux changent tout le temps, migrent et il faut beaucoup les pratiquer pour comprendre comment et quand migrer d'un espace à l'autre : par exemple les forums ont fait fureur, puis les blogs, les sites de partage de photos et maintenant twitter, facebook, secondlife... Pour s'y retrouver, il faut prendre le temps d'y baigner.
D'autre part, générationnellement disons, il a peu le gout de le faire, alors qu'il le fait en tant qu'entrepreneur dans sa "vie réelle". Une jeune génération aurait, elle, le gout et de fait y baigne dans sa vie privée, mais les libraires manifestement ne savent pas encore comment utiliser professionnellement cette compétence dont ils ne prennent pas bien la mesure.
De plus, le libraire produit peu d'écrits en général, il n'a pas de production à mettre en avant dans des blogs par exemple, il doit écrire spécialement pour prendre place dans ces nouveaux lieux, se connecter spécialement pour celà puisque l'activité de son métier le porte la plupart du temps dans sa boutique physique.
Apparemment, gérer sa présence et son activité sur le net provoque aussi chez nos amis éditeurs de grosses questions sur les métiers : via V Clayssen et Fatima on découvre la notion de "digital concierge". La formule est séduisante mais désobligeante en français, car concierge n'a pas tout à fait le même sens ni la même connotation en anglais. (cf le Cambridge )
"Social networking is a catch-all phrase that can describe many things, but typically we use it to explain the concept of reaching customers via the web" Le "digital concierge" aurait pour tâche de faire le tri et diriger/adapter les éditeurs et leur production parmi l'univers web. Ce qui est drôle, c'est que dans ce job, je ne vois qu'une évolution du travail actuel du marketing, de l'éditeur et de l'attaché de presse entre autres, qui doivent déjà depuis le temps, avoir intégré les nouveaux usages et lieux de sociabilité sur internet dans leur métier. Hé bien le besoin de "digital concierge" me semble indiquer que non, qu'il faille une position transversale qui amène un conseil sur le domaine spécifique du numérique et internet. Les métiers en eux-mêmes n'ont pas intégré ce nouvel espace? Il leur faut un guide?
Du coup, je me demande si en librairie, parier sur l'évolution de la compétence sociale avec le renouvellement de génération est bien la bonne chose à faire??? La librairie trouvera-t-elle les finances pour faire appel à des consultants extérieurs pour régulièrement les guider ? Pau probable, elle devra compter sur ses libraires "traditionnels". Saura-t-elle cultiver le gout en interne de sa jeune génération pour développer ce savoir faire pour l'entreprise? Saura-t-elle sufissamment déléguer pour permettre des investissements forts de cette génération dans des projets efficaces?
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