Attaque, parade, riposte , c'est l'enchainement typique de base à l'escrime.
jeudi 4 février 2010
Attaque-parade-riposte
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thèmes la vie quotidienne, parole de libraire, rageries
Le rapport à l'objet est une envie de geste
En ce moment, la grande question qui m'occupe, est de savoir quel geste fera un internaute sur mon site. Comment lui mettre là où il l'attend ce qui l'intéresse -et non pas comment mettre l'internaute là où je l'attend pour qu'il fasse ce qui m'intéresse, autant dire que j'ai pas fait des études marketing et ça se voit ;-)
Ma question est le rapport à l'espace, à l'objet, au temps, au mouvement vers, au geste vers, qui est la concrétisation du désir, de la curiosité. "à ce moment-là je n'ai pas envie d'ouvrir mon i-phone..." dit Pranav Mistry.
Et j'aimerais que ma compréhension intime de ce qui se passe et se joue dans le magasin me permette d'inventer de nouveaux schémas sur internet et inversement, avec les objets et les gens : libraires, clients, actuels, anciens clients, présents ou absents. Laisser une grande ardoise avec des craies sur un mur pour permettre aux gens de se laisser des mots à la librairie par exemple.... mettre une PLV vide en proposant aux clients de la remplir avec les livres qu'ils aiment... proposer un espace petit papier et stylos pour que les clients puissent écrire eux-même leurs petits mots de conseil de lecture..
Même quand ne manque ni l'idée ni l'envie, le temps et la reconnaissance financière freinent dans nos métiers, même les meilleures volontés.
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thèmes représentations, web
mardi 19 janvier 2010
tendre l'oreille : des bruits sur le web
Désespoir : même libé fait des vidéos avec un bruit de merde qui oblige à tendre l'oreille et rend très très en colère : cf 1mn30 avec Joann Sfar
Or une vidéo avec un bruit de merde = une vidéo de merde
Et je sais de quoi je parle, j'en ai commis une : pas de prise pour le micro sur les petits appareils photo/film du commerce, comment faire autrement à moindre cout? réponse : ne pas faire d'interwiew. celà dit moi au moins je n'en ai pas commis deux contrairement à d'autres...
Librairie du Rond-Point : La Magie du costume
envoyé par MlleFrankenstein. - Regardez plus de courts métrages.
LA solution ? Chez M'Lire par ex : Enregistrer très très près de la camera :
Onlikoinou 08 monsieur pixel
envoyé par afterfives. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.
Ou enregistrer dans la voiture, très bien insonorisé :
Onlikoinou #14 Slumberland de Paul Beatty (Seuil)
envoyé par afterfives. - Futurs lauréats du Sundance.
On a encore du boulot................................. quelle formation video diffable choisir pour bricoler un truc honnête toute seule????
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thèmes web
mardi 29 décembre 2009
l'intéropérabilité vue d'ailleurs
L'autre jour en lisant l'interview de Dennis Dyack dans Chamboultout tout en essayant de faire abstraction des fautes d'orthographe, je croyais lire une ode à l'intéropérablité et j'ânnonais bêtement de la tête : incroyable qu'on soit pieds et poings liés à une machine pour jouer à un jeu et qu'il n'existe pas davantage de versions pour chaque type de console. Comment accepter d'être pris en otage par une technologie??
Mais en lisant les commentaires, je découvre que non, en fait les différents produits liés aux machines spécifiques ne semblent pas du tout gêner les gameurs qui ont un comportement je dirais de bibliophile.
Evidemment pour le livre, on parle d'accès à la pensée et à la création pour tous et l'enjeu sociétal de l'intéropérabilité est différent.
Mais on est forcément interpellé par le renversement du modèle qui évacue le tiers de confiance, le revendeur tel que le décrit bien Dereck dans Chamboultout "un futur radieux pour l'industrie vidéoludique, un futur qui évince presque complètement les revendeurs spécialisés et pioche directement dans le portefeuille du consommateur."
Et pourquoi ce serait si grave, pour quoi faire ce tiers de confiance? (bref, pourquoi faire librairie, je suis monomaniaque, vous avez remarqué??)
Entre autres parceque comme le rappelle Hervé Bienvault dans Aldus, "En gros, est-ce que les livres que j'achète sur tel ou tel site sont tracés, alimentant une base de données personnelle?"
->La réponse est clairement oui, et elle se trouve dans mon cerveau.
Dans l'économie papier en librairie traditionnelle j'accumule sur toute sorte de personnes de nombreux éléments personnels : je sais exactement ce qu'a mangé mon client (il sort du resto du Rond-Point), je sais en gros où il achète ses vêtements, où il fait ses courses (je l'ai vu l'autre jour au Monop des Champs), où il part en vacances, le nom de sa banque, ses 10 derniers cadeaux de Noël, son goût pour l'Asie par ex et je sais même le nom de son fils et qu'il est passé de la phase dinnosaures à pirates récemment, et d'ailleurs sa maitresse a de la moustache et s'appelle Gisèle (celle du fils, pas du père).
MAIS en tant que commerçant et membre d'une communauté je maitrise les règles de cet échange commercial et ma mémoire humaine limitée et mon tact garantissent à mon client une utnilisation non dévoyée de ces éléments. (dans le cas contraire, j'ai perdu mes clients et les rares qui restent m'appellent "la commère")
-> la mutation que provoque notre activité de vente à distance/numérique/multipliant les contacts à distance me fait éprouver le besoin de reproduire par les fichiers et à plus grande échelle ce que je produits "naturellement" en magasin, càd par le contact humain direct , l'expérience subjective dépendante du contexte. Dans ce cas, j'avoue que le croisement entre plusieurs bases pour reproduire la pertinence serait d'une grande aide... par exemple, j'aimerais savoir à quels théâtres sont abonnés mes clients et s'ils ont aimé ou non les derniers livres qu'ils ont acheté. Jusqu'ici je peux encore faire un questionnaire.
Mais voilà ce qui me ferat mériter le Big Brother Award :
-Je recevrais une alerte quand certains de mes clients prendront leurs places dans un théâtre et je leur enverrais un mail automatique pour leur proposer d'acheter le texte du spectacle tant qu'à faire avec 5% de remise.
-Je recevrais une alerte automatique via leur mobile quand ils passeront près de la librairie et je leur enverrais en bluetooth une invitation à entrer avec un rappel à venir chercher et payer les livres qu'ils m'ont commandé il y a trois semaines.
-je serais avertie des commentaires qu'ils laissent sur les sites communautares et l'ordinateur déclenchera une propostion d'achat si certains mots clefs sont repérés (spectacle, cirque, théâtre, Champs Elysées...)
-je serais avertie dès qu'un client reçoit des chèques lire et je pourrais lui envoyer un mail l'nvitant à les dépenser chez nous en sélectionnant les livres qui peuvent l'intéresser d'après ses derniers achats répertoriés en ligne ou sur son compte paypal...
Que c'est bon d'être créatif sans moralité.
En attendant, je vais construire un semblant de suivi client pour 2010 en repensant la gestion des leads dans notre CRM ;-)
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thèmes web
lundi 28 décembre 2009
Faites un voeux...
Chaque année, c'est pareil, difficile de trouver l'inspiration pour les voeux, faut dire que je ne m'y suis pas prise aussi tôt que d'autres...
L'année dernière, je proposais des voeux sur mesure, on pouvait choisir, il suffisait de cocher (de mémoire) :
-travail famille patrie
-metro boulot dodo
-amour gloire et beauté
-luxe calme et volupté (tiens, ce choix-là je ne l'ai peut-être pas mis dans mes voeux pro...)
L'exercice se corse car cette année, je n'ai plus Photoshop et pas encore apprivoisé ArtRage, le logiciel qui va avec ma très chère tablette graphique, justement, c'est une bonne occasion pour commencer à s'en servir sans raler et pleurnicher après Photoshop toutes les deux secondes...
NEW YEAR 2009 ! from Nomoon on Vimeo.
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thèmes bricabrac
mardi 15 décembre 2009
le widget tarde à apparaitre dans le livre
Et si les fiches livres apparaissaient dans ce type de Widget??
Via La jungle
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thèmes web
lundi 14 décembre 2009
Le blues du journaliste de jeu video
"Un consensus s'installe progressivement auprès des analystes : Les scores obtenus par les jeux testés dans la presse spécialisée n'ont qu'un très faible impact sur la décision d'achat des consommateurs "
"En terme de rapport rendement/prix, les journalistes coûtent cher pour une influence faible et une crédibilité discutable. Ils sont présents, bruyants mais en fin de compte inutiles, sauf quand on les instrumentalise "
"Si l'on y ajoute les statistiques préalablement dénichées, estimant que le bouche à oreilles est à 41% la source d'information des joueurs, on s'aperçoit que marketing et image de marque sont finalement des facteurs importants qui président à l'achat. La presse spécialisée, quant à elle, fait tapisserie. Alors à quoi sert-elle ? "
C'est le blues de Dereck dans Chamboultout, blog jeu video de Fluctuat Avec en prime un dossier sur le sujet. - un blog que j'aime beaucoup soit dit en passant et que je vous recommande même si , comme moi , vous n'êtes pas joueur -
Hé oui, les petits amis, c'est la dure loi de l'offre et de la demande dans une industrie culturelle : les indicateurs nous parlent du rouleau compresseur du marketing comme une panacée et ne savent pas comprendre donc valoriser dans une chaîne ou plutôt dans un écosystème, le rôle de chacun à son niveau et sur une profondeur d'assortiment, en prenant en compte la fonction positive de la péréquation, le vrai rôle indispensable de la "tautologie d'opinion". - Bon, j'ai perdu tout le monde, là....
Bref, on a du mal à comprendre la valeur ajoutée qu'apporte chaque maillon de la chaîne comme dirait l'excellent François Rouet.
De toute façon, si la valeur ajoutée était le critère de la rémunération des différents métiers du livre ça se saurait : l'auteur roulerait sur l'or. Alors quoi? Les rémunérations propres à chaque métier de la chaîne du livre continueront de se définir par rapport aux grilles de convention collective quelle que soit leur valeur ajoutée. Qu'on cesse donc de nous sommer sans cesse de prouver notre rôle en tant que libraire indépendants, les éditeurs ne nos pairont JAMAIS significativement - faisons le pour être un objet préhensible pour l'Etat, mieux travailler et connaitre nos forces et nos faiblesses, mettons plutôt notre énergie dans la formation à la gestion et nouvelles technologie, notre marketing et notre fidélisation client, tiens. Il se pourrait bien qu'on survive dans les plis du territoire et du web sous forme de cerise :
"... les lecteurs, papier ou web, ne lisent pas les critiques pour confronter une opinion, mais pour conforter la leur. Leur opinion étant façonnée par l'image de marque, leur expérience personnelle avec la licence ou le genre, ainsi que le marketing, les critiques deviennent la cerise sur la gâteau qui valide tout un processus. "
Bon, j'avoue, je joue parfois et je vous le recommande : Flash game d'Amanita design
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thèmes blogosphère, mécanisme et circuit
vendredi 11 décembre 2009
ergonomie et design du web
Je râlais précédemment sur la façon dont on avait pas du tout compris le rapport à l'objet "table de libraire" sur les sites des librairies, alors que la technologie est prête à permettre des évolutions. Ca arrive par tout petit bout : sur le site de Cultura la fiche du livre se grise au passage de la souris et le pavé ajouter au panier se développe.
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thèmes web
lundi 30 novembre 2009
l'expérience librairie
En général, on achète par correspondance des femmes, de préférence gonflables.
Il y a une dizaine d'années, le catalogue des élèves des Beaux-Arts de Bordeaux proposait d'acheter un homme par correspondance.
Le kit se composait de multiples flacons dont le plus grand contenait de l'eau (d'ailleurs si vous voulez voir de quoi vous êtes fait, ce n'est pas un secret des Dieux et c'est la chose la mieux partagée)
Les sites de librairie -dont celui dont je m'occupe- me font penser à ça : il y a la liste des éléments, mais ça ne suffit pas à faire librairie.
Depuis longtemps, on propose d'acheter des livres par correspondance.
Sur catalogue
Pour les bibliophiles
Les avertis, qui ont un besoin, ceux qui cherchent des titres ou des domaines bien précis
Ils aiment les listes , et ces listes, objets écrits, peuvent facilement être transposées sur internet.
Depuis quelques années, on propose de choisir des livres à distance en librairies.
Pour le tout-venant "curieux ou simples lecteurs" comme dirait feu un libraire bordelais que j'ai déjà cité.
Pour des gens qui aiment le moment de la rencontre fortuite avec un objet de désir. Pour les gens qui achètent parcequ'ils ont fait une expérience qui leur plait.
Comment reproduire "l'expérience librairie" ????
Comment retrouver le même plaisir sur internet?
Prenons par exemple l'expérience "table de libraire"
qui n'est ni une bibliothèque
ni une vitrine
Mon grand plaisir quand j'arrive le vendredi est souvent de refaire une table pour lui donner une cohérence, une logique, du sens (en l'occurrence le mien;-), c'est comme placer les convives... à table.
Et c'est les vider de leur substance et de son rapport à leur matérialité de penser qu'ils ne sont qu'une suite de couv, il y a du volume, de l'odeur, de la matière, et l'effet des corps de passage dans ce lieu, la musique, que diable, un peu de chair !
Ceci n'est pas une table de libraire.
Laissez moi quelques jours enfermée avec Graphéine, ceux qui ont fait le site de Zulma , allégez leur navigation et alourdissez très considérablement leur stock, rajoutez du son : on aura une table de libraire insérée dans un espace.
Ce serait un vraiment joli cadeau de Noël qu'on me ferait là. Imaginer un site de libraire aussi beau qu'un site éditeur.
Ce serait pertinent car nous ne sommes pas dans la logique industrielle, auquel cas listes, et couleurs criardes sur les dernières nouveautés seraient largement suffisants.
Comment reproduire nos lieux pleins de personnalité, cette enseigne, la couleur du mur, la nature de l'éclairage?
Peut-être faut-il d'abord retrouver notre rapport charnel et ludique à l'objet dans nos quotidiens physique et sur internet pour comprendre, mieux imaginer et se projeter...
"S'il est très clair que j'ai besoin d'un briquet (ou d'allumettes, ou d'une gazinière, ou de plaques chauffantes, ou d'une lampe à souder, ou de quelqu'un qui possède un de ces objets par exemple) pour allumer mes cigarettes, comment est-ce que l'on s'entoure d'objets qui n'ont, à l'inverse, aucune fonction ? Comment ces objets inutiles se camouflent, s'exposent, ou émergent dans un environnement ? De quelles façons nos rapports aux objets deviennent les signes de rapports au monde, ou des systèmes d'organisation particuliers, précis au point qu'on peut les imiter, maladroitement, dans le déroulé d'une conférence... une sorte de brocante de la pensée." (deuxième agence)
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thèmes parole de libraire, web
samedi 28 novembre 2009
dans la trousse à outils...
De la veille sur l'évolution des catalogues des éditeurs et du monde du livre, sur les attentes de nos clients, sur l'évolution et les jeux depouvoir de nos élus, sur les lois régissant le commerce, sur les ressources humaines, sur les sociétés de transport et les règlemementations sur le découverts et les crédits, sur le prix du papier cadeau et le type de torchon le plus efficace pour nettoyer les livres. (la poussière, ça s'accumule à une vitesse!!!)
"Soit vous utilisez un contenu podcasté préexistant sans le modifier – tel document vidéo ou audio, tel documentaire, telle chanson, etc. –, vous serez considéré comme un utilisateur de podcast (première partie) ;
Soit vous empruntez une partie d’un contenu déjà existant afin de l’intégrer dans un podcast que vous réalisez, vous serez considéré comme un créateur de podcast (deuxième partie)."
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thèmes blogs de libraire, web
mercredi 25 novembre 2009
C'était mieux avant CQFD
Existe-t-il encore des libraires en France ? Un de nos doyens, grand libraire lui-même, nous disait, il y a quelques années "Vous n'en compterez pas dix". Loins de notre pensée d'être aussi sévère. Cependant, nous devons avouer que le nombre se réduit de plus en plus de ceux qui pratiquent avec compétence et dévouement ce métier difficile et compliqué. De quelques centaines ne sera-t-il pas bientôt réduit à quelques dizaines ? Peut-être. Si l'on n'arrive pas à endiguer l'invasion des incompétents qui risque de submerger la Librairie Française.
Conseiller, c'est le rôle délicat, le rôle ingrat du libraire. Mais pour cela il doit connaître les livres qu'il propose. (...) Pourquoi tant de pseudo-libraires ne savent-ils ni conseiller, ni renseigner leur clientèle ? Parceque, depuis trente ans, trop d'acquéreurs de fonds de librairie, ou surtout des créateurs de boutique, sont entrés dans notre profession sans éducation technique préalable ; parceque beaucoup ont trop négligé leur culture personnelle.
Mettre des livres sur des étagères, inscrire Librairie sur une façade de magasin, ne peut suffire à ceux qui font ces gestes pour mériter "le titre", que seul un long apprentissage peut conférer.
(...)
Depuis ces dernières années les diverses industries du Livre ont ressenti une crise qui a inquiété les écrivains aussi bien que les éditeurs et les libraires. Des enquêtes ont été ouvertes, qui ont fait couler beaucoup d'encre.
Pour ma part, je n'hésite pas à dire que cette crise est profonde. Vingt fois, j'en ai analysé les causes et, mes confrères les connaissent comme moi-même.
Car cette crise est d'abord une crise de qualité, et c'est là son importance.
- Qualité des textes édités ;
- Qualité des éditeurs qui les choisissent et les lancent en volumes ;
- Qualité des libraires et revendeurs qui les distribuent au public.
(...)
... l'envahissement de nouveaus venus, que rien ne prédisposait à la pratique d'une profession difficile et délicate, comme l'est la librairie de détail, se précisa puis se précipita (...)
Quels services peuvent rendre aux livres et au public ces installations nouvelles, qui présentent, au milieu de marchandises hétéroclites, les ouvrages de vente facile et la dernière nouveauté à succès? Aucun.
Un véritable libraire, nous l'avons déjà écrit plus haut, outre ses compétences, possède en stock un fonds d'ouvrages nécessaires à la culture. Ce fonds, il l'entretient, le renouvelle, et il forme un personnel capable de le vendre. Or, ce fonds et ce personnel sont coûteux à entretenir, aussi est-il juste qu'en compensation de cet effort en faveur du livre, le libraire véritable puisse profiter de la vente facile de la nouveauté.
Eh bien non ! Cette vente lui est soufflée, subtilisée par des commerçants habiles sans doute, mais qui ne la méritent pas, puisqu'ils prétendent se soustraire pour une grande part aux obligations de notre métier. Cependant, les frais généraux, augmentent alors que diminue la remise accordée par les éditeurs, et voilà où se précise la menace de disparition de la librairie de métier.
(...)
Malgré les soucis, le libraire véritable tient à son métier comme un père à son enfant. Si celui-ci semble débile, son amour croît au lieu de diminuer."
Hélas, trois fois hélas, le sens du mot "débile a bien changé depuis mais, la phrase avec son sens actuel resterait-elle vraie?????? ;-)
Une prochaine fois, on nous racontera comment "Le libraire devient souvent malicieux à force d'entendre débiter des sottises avec conviction et force."
En attendant, des suggestions concernant l'auteur et la date???
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lundi 9 novembre 2009

"La Barbe" appliquée au prix littéraire : ça donne La Moustache (prix Virilo).
Il est accompagné du prix Trop Virilo qui récompense la plus belle poussée littéraire de testostérone parue dans l'année. Le jury est mixte mais doit voter en homme et porter la moustache."
- Le prix du titre qui s’applique à n’importe quel roman de la rentrée littéraire (et de celle à venir)
Attribué à DES HOMMES de Laurent Mauvignier
- Le prix de la quatrième de couverture qui a été écrite par une personne qui n’a vraisemblablement pas lu le livre
TROIS FEMMES PUISSANTES de Marie N’Diaye
- Le prix du livre où la libraire vous demande « lequel pardon ? »
YANVALOU POUR CHARLIE de Lyonel Trouillot
Il ne nous manque plus que les bandeaux...
Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, les hommes sont fortement, très fortement majoritaires dans ce jury...
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jeudi 29 octobre 2009
des nouvelles de l'autre moitié de l'humanité
Ce matin sur France Inter, Nathalie Kosciusko-Morizet interrogée par Pascale Clark à 8'05 : changer "politique " par "littérature" ou "entreprise" et vous obtiendrez le même effet de justesse d'analyse ;-)
"N.K-M : Il y a un problème pour les femmes en politique et d'une façon générale je trouve pour les femmes dans la société, qui est qu'il n'y a pas beaucoup de modèle, l'histoire a été écrite par les hommes pour les hommes ça donne une espèce de vertige vous savez quand vous êtes une femme en politique régulièrement on vous demande quel est votre modèle et vous avez remarqué les femmes citent souvent des hommes parce qu'il y a tellement peu de femmes à travers l'histoire politique et puis alors elles sont toutes très dramatiques, hein, c'est des figures très sanglantes les femmes en politique souvent et les hommes eux citent des hommes ils citent pas de femmes il y a quelque chose d'un peu vertigineux là et moi j'essaie de définir à travers ce livre de dire ce que pourrait être le parcours d'une femme politique qui assume ses différences qui laisse place à une forme de révolte
(...)
P.C. :Mais pour parler très directement, est-ce que être une femme en politique c'est aussi subir des humiliations par ce qu'on est femme et est-ce que ça vous est arrivé?
C'est subir avant tout une espèce de sentiment d'étrangeté c'est à dire que le monde politique est quand même un monde qui est beaucoup fait par des hommes pour des hommes parfois on a un peu l'impression... il y a un petit côté club anglais et on se sent pas forcément rejetée, c'est pas forcément agressif mais de temps en temps on a l'impression qu'on est comme invitée ça peut être courtois mais courtois et ce sentiment d'étrangeté comme si on était là de passage
P.C. : une curiosité
N.K-M : une curiosité, une espèce de différence fondament... comme si les femmes étaient une diversité c'est des choses que je conteste absolument et régulièrement, on l'entend, hein, dans les partis politiques, dire, oui, alors il faut des nouveaux, il faut des gens différents on va avoir des gens issus de la diversité on va avoir des femmes, on va.... hé bien les femmes c'est pas une diversité quand même c'est la moitié de l'humanité
Un genre n'est pas une diversité , je le dis, un peu au delà même car nous vivons plus longtemps"
Disons que c'est une introduction à une prochaine réponse à Mtislav à propos de livres écrits par des femmes - dans un prochain billet - sujet qui restera pour moi d'actualité fort longtemps, pourquoi me presser?
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mardi 13 octobre 2009
"de toute façon il ne faut jamais avoir peur dans la vie"
Gaymard : le prix du livre
envoyé par Savoie-actu.
Via la librairie La maison du livre, Rodez
10 euros, en vente à la librairie du Rond-Point
Relier les caisses de librairies au central de distribution du livre, une solution contre le pilon? Et respecter les quantités commandées effectivement par les petits libraires, ce serait pas mal non plus. Mais comme on ne vit pas dans un monde particulièrement bien fait, et au lieu de ne rien faire, cette solution -dont une similaire a été mise en place par les NMPP- semble la plus appropriée... et débouchera peut-être sur l'autre après tout!
Bouts de phrases glanées : "Celà demande un effort [lire un livre] ... Les industries culturelles souvent dispensent de tout effort....le silence et le recul... On vit dans une société du bruit, le bruit vous asservit... Dans une société de l'immédiateté il faut toujours régir tout de suite.... Former son jugement, prendre du recul, condition essentielle de la liberté contre les dictatures de l'esprit...."
Celà me fait penser à ce livre qui parait : "L'actualité pure", de Cédric Lagandré, ce 14 octobre:
"Le monde moderne croit qu’il bouge. Mais l’homme moderne, lui, ne bouge pas : il s’inscrit dans un temps paralysé par les dispositifs techniques, une actualité pure, qui déploie devant lui comme au supermarché des possibles pré-vécus qu’il n’a plus à vivre, des paroles pré-parlées qu’il n’a plus à dire, des images pré-vues qu’il n’a plus à voir. Comment se remettre de cette paralysie ? Comment réapprendre à voir, à parler — à vivre ? Tel est l’enjeu des temps qui viennent : ou bien nous parviendrons à répondre à ces questions, ou bien nous crèverons d’une mort qui, elle aussi, ne sera bientôt plus la nôtre.
Cédric Lagandré est philosophe. Ancien collaborateur de la revue Mouvements, il est l’auteur de L’inspiration des Grecs (L’Harmattan, 2000), et de La société intégrale (Climats, 2009). " -présentation Laurent de Sutter dir de collection Travaux pratiques éd PUF
Et si cette capacité de former son jugement et prendre du recul pouvaient parfaitement apparaitre en dehors du livre, au coeur de ce monde numérique par d'autres moyens, par une évolution des usages du web, que nous ne pouvons intégrer ou concevoir clairement car nous ne sommes pas des digital natives?
Un jour, le livre papier sera à la littérature ce que l'opera est à la musique : un genre codifié qu'il faut réapprendre et qui nous paraîtra loin sans apprentissage. Il est grand temps, pour comprendre quelle place aura le livre papier désormais, de se demander à quoi servent les classiques et quel rapport ils entretiennent avec la modernité, car le rapport avec le livre papier, fait de temps de calme et de recul, devient un "classique".
"Un jour des automates seront capables de raconter des histoires, avec leur style propre, et même une vocation pour le classicisme " Il est temps de sortir de ses propres automatismes et grand temps de lire Calvino -> Si vous passez à la librairie un w-e, achetez moi ce bel exemplaire de la machine littérature de Calvino, il ne sera jamais démodé, et vous serez toujours plongé dans l'actualité où que vous l'ouvriez... et en plus, ça me fera rudement plaisir ;-)
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gogo gadget au web 2.0
Bien sûr, ce sont des outils gratuits et éphémères, on ne peut pas s'appuyer dessus pour développer une vraie démarche commerciale, beaucoup de temps passé pour rien, celà reste du côté du ludique et du marginal....
Je me dis que c'est pas possible de toujours travailler l'urgent et ce qui rapporte à tous les coups, d'ailleurs c'est pas ce qu'on fait en librairie en suant pour certains livres, j'ai fantaisie de mettre dans not' site un p'tit grain de fantaisie youpi youpi, et vendredi soir pendant que je serai à la librairie, j'envierai les petits chanceux qui pourront aller à St Ouen swinguer avec Minvielle sur l'air de Boby et mettre un sacré grain de fantaisie dans leur vie. Vous aurez le temps de dormir un peu avant de re-swinguer la lib à 17h, et puis dimanche après le croissant, il sera toujours temps d'aller voir les amis du salon de la revue...
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lundi 5 octobre 2009
La fatigue du libraire ne passera pas par moi !
J'ai une nouvelle consoeur d'une semaine de l'autre côté de la place F Roosevelt.
......heu... faibles mais beaux, mais parceque sinon, je n'ai plus la patience, je n'ai pas la générosité.
C'est vrai que ça a un côté artisan d'art, la façon dont on aborde chaque livre, chaque personne dans un moment particulier. Souvent, je me dis que ce que je vend, c'est un moment de relation dont le bouquin sera le souvenir. (sinon, pourquoi venir jusqu'à la librairie et pas "simplement" commander sur internet??)

Par contre, ce métier m'amuse toujours autant, avec ses rencontres improbables et ses questions farfelues. Et sa grande liberté de parole et d'expression : je me suis toujours promis que quand j'attraperai une mine d'outre-tombe j'arrêterais -déjà qu'on est très peu payé de façon générale, si en plus on s'amuse pas, où est l'intérêt, hein?
En général je suis seule à la librairie car je bosse soir et w-e, je m'en donne à coeur joie : je choisis ma musique, des trucs un peu bizarres qui font chanter les gens ou s'arrêter horrifiés c'est selon. (bientôt la playlist de la libraire, promis!)
Mon grand truc c'est de refaire les sélections du site de la lib en fonction du travail de mes collègues -dont je vois les indices sur les tables-, et de m'organiser des thématiques : je change les livres des tables en fonction - quitte à tout remettre en place pour la semaine quand c'est par trop farfelu -
Mon prochain défi, c'est d'arriver à donner à un client envie de partir avec Richard. Si j'y arrive, promis, je vous donne le mot et la chorégraphie qui a marché ;-)
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Mlle F.
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