lundi 16 juin 2008

petites dissections entre amis


Après les rencontres au petit bonheur des Bouquinosphères ( 1 , 2 , 3), les Dr Frankenstein du livre se sont donc penchés sur leurs blocs opératoires respectifs : passionnant... et frustrant : on en veut encore ! J'adorerais faire ça tous les mois!!!


Dans le désordre, la joie et la bonne humeur, quelques points extraits de mes notes :

#1 De la pertinence de la multiplicité des revendeurs pour la vente de contenu numérique :
Expérience d'O'Reilly : La multiplicité des revendeurs sur internet multiplierait les ventes et développerait un marché, mais à l'inverse, s'il y a un seul revendeur, les ventes ne se reportent pas sur lui de façon concentrée : le fantasme de l'autodiffusion/distribution trouve ici sa limite. Les libraires dans leur diversité ont donc leur place pour accompagner la création de ce marché. (mais une fois le marché développé, ne risque-t-on pas de revenir à une logique d'acteur monopolistique????)

#2 De la mutation de notre rapport au texte :
Paradoxalement, la notion d'accès à un catalogue numérique est très bien installée dans la pratique d'achat des bibliothèques. C'était déjà flagrant dans l'intervention de Catherine Forestier lors du colloque DILICOM/ALIRE. Où est la mission patrimoniale de la bibliothèque quand elle n'acquiert pas le contenu mais un droit d'accès avec une maîtrise relative du "pack" qui lui est proposé? Cette question n'a pas une fois été abordée au colloque et ne semble pas poser problème pour les bibliothécaires alors qu'elle me paraît cruciale. La limite entre de l'information et un livre? La différence entre la mission de documentation et patrimoniale? Quelle place pour la librairie par rapport à ces proposition d'abonnement par pack, de vente couplée tablette numérique+textes ou d'accès illimité à un catalogue ????

#3 La chasse gardée des prestataires :
J'ai été très étonnée d'entendre les bibliothécaires exprimer les difficultés qu'ils rencontrent avec leurs prestataires de services, avec autant de frustration et de colère que moi. (toutes les deux phrases, je sautillais en disant oui, moi aussi!!) Des prestataires qui ne proposent pas de développements et qui font tout pour garder leur marché captif. Mais aussi des libraires qui avaient pensé s'informatiser une fois pour toute et n'avaient pas imaginé qu'il faudrait investir régulièrement et souvent pour s'adapter à l'environnement numérique... qui voient de plus en plus la différence entre une carte de visite sur internet qu'on leur a vendue et un site de vente en ligne. Et qui se trouvent d'une part en défaut de propositions et d'autre part bien incapables de trouver les fonds pour investir. Attention au retour de bâton avec l'arrivée actuelle de nouvelles générations davantage capables de juger de la qualité de leurs prestataires informatiques et de s'en affranchir avec des solutions innovantes. Ces prestataires n'ont plus guère que la carotte "base de données" à nous agiter sous le nez pour nous convaincre de les suivre, espérons qu'il reprennent enfin très rapidement une vraie place de partenaires de développement, car je dois dire que la frustration s'accumule.

#4 le libraire sur internet existe, je l'ai rencontré, même qu'il s'appelle Bernard :
La dernière fois que je l'ai rencontré (lors de la 1ère Bouquinosphère je crois), il créait un catalogue enrichi en ligne et cherchait à l'animer. Pour moi, il mettait en valeur sa bibliothèque de passionné sur le web mais ne faisait pas encore librairie. Depuis, je vous assure que Bernard, qu'il le veuille ou non, est devenu un vrai libraire, et s'il ne parle pas de table, de pile, d'opé éditeur, de repré ni de vitrine, c'est que ses outils sont différents pour faire vivre un assortiment et qu'il les crée et les expérimente dans une optique de libraire. On n'a pas encore de test Voight-Kampff pour repérer un "vrai libraire qui sait faire vivre un assortiment" et ces satanés libraires (je dis "ces" parcequ'en tant que libraire salariée non directrice, je ne joue pas dans la même catégorie) ont toujours une façon inédite de concevoir leur métier, alors je ne peux pas argumenter cette affirmation ;-) C'est juste évident quand on l'entend parler de Bibliosurf. D'ailleurs, on a tiqué sur la même chose et on attend impatiemment un prochain billet sur Bibliobsession sur un outil bien intéressant...

#5 l'expérimentation ne passe pas par moi
Hé bien ça c'est la frustration personnelle de ne pas être à un niveau de décision qui me permette de mettre les mains dans le cambouis jusqu'au coude: vente de packs tablette+contenu thématique de M21 éditions, projet Molière/Pléiade , Blas de Roblès/A mon tour/Zulma, Zones des éditions La Découverte, comment enrichir les libraires des expériences de Bernard?

Merci aux organisateurs et à Hubert qui sait poser les bonnes questions et a su mettre bonne ambiance et dynamisme à cette rencontre très instructive. Comme toujours malheureusement, il n'y avait presque que des mecs, sympas et mignons, non, je ne me plains pas, j'ai passé une délicieuse après-midi mais où sont les autres femmes????????? (et les autres libraires aussi accessoirement, quoique là , la réponse "dans leur librairie" me brûle les lèvres : moi j'avais posé ma journée pour pouvoir venir et j'étais là à titre personnel... )

1 commentaire:

Renaud a dit…

Bravo Sophie pour tes articles efficaces et très intéressants à lire.
Je connais deux femmes - et en plus libraires - absentes pour cause de Salon du livre de jeunesse. Sinon, c'est vrai que les femmes étaient peu nombreuses mais charmantes. Nous avons été chanceux! Vivement le prochain Bookcamp! :-)

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