jeudi 29 octobre 2009

des nouvelles de l'autre moitié de l'humanité

Ce matin sur France Inter, Nathalie Kosciusko-Morizet interrogée par Pascale Clark à 8'05 : changer "politique " par "littérature" ou "entreprise" et vous obtiendrez le même effet de justesse d'analyse ;-)

"N.K-M : Il y a un problème pour les femmes en politique et d'une façon générale je trouve pour les femmes dans la société, qui est qu'il n'y a pas beaucoup de modèle, l'histoire a été écrite par les hommes pour les hommes ça donne une espèce de vertige vous savez quand vous êtes une femme en politique régulièrement on vous demande quel est votre modèle et vous avez remarqué les femmes citent souvent des hommes parce qu'il y a tellement peu de femmes à travers l'histoire politique et puis alors elles sont toutes très dramatiques, hein, c'est des figures très sanglantes les femmes en politique souvent et les hommes eux citent des hommes ils citent pas de femmes il y a quelque chose d'un peu vertigineux là et moi j'essaie de définir à travers ce livre de dire ce que pourrait être le parcours d'une femme politique qui assume ses différences qui laisse place à une forme de révolte
(...)
P.C. :Mais pour parler très directement, est-ce que être une femme en politique c'est aussi subir des humiliations par ce qu'on est femme et est-ce que ça vous est arrivé?

C'est subir avant tout une espèce de sentiment d'étrangeté c'est à dire que le monde politique est quand même un monde qui est beaucoup fait par des hommes pour des hommes parfois on a un peu l'impression... il y a un petit côté club anglais et on se sent pas forcément rejetée, c'est pas forcément agressif mais de temps en temps on a l'impression qu'on est comme invitée ça peut être courtois mais courtois et ce sentiment d'étrangeté comme si on était là de passage

P.C. : une curiosité

N.K-M : une curiosité, une espèce de différence fondament... comme si les femmes étaient une diversité c'est des choses que je conteste absolument et régulièrement, on l'entend, hein, dans les partis politiques, dire, oui, alors il faut des nouveaux, il faut des gens différents on va avoir des gens issus de la diversité on va avoir des femmes, on va.... hé bien les femmes c'est pas une diversité quand même c'est la moitié de l'humanité

Un genre n'est pas une diversité , je le dis, un peu au delà même car nous vivons plus longtemps"

Disons que c'est une introduction à une prochaine réponse à Mtislav à propos de livres écrits par des femmes - dans un prochain billet - sujet qui restera pour moi d'actualité fort longtemps, pourquoi me presser?

mardi 13 octobre 2009

"de toute façon il ne faut jamais avoir peur dans la vie"



Gaymard : le prix du livre
envoyé par Savoie-actu.

Via la librairie La maison du livre, Rodez

10 euros, en vente à la librairie du Rond-Point

Relier les caisses de librairies au central de distribution du livre, une solution contre le pilon? Et respecter les quantités commandées effectivement par les petits libraires, ce serait pas mal non plus. Mais comme on ne vit pas dans un monde particulièrement bien fait, et au lieu de ne rien faire, cette solution -dont une similaire a été mise en place par les NMPP- semble la plus appropriée... et débouchera peut-être sur l'autre après tout!

Bouts de phrases glanées : "Celà demande un effort [lire un livre] ... Les industries culturelles souvent dispensent de tout effort....le silence et le recul... On vit dans une société du bruit, le bruit vous asservit... Dans une société de l'immédiateté il faut toujours régir tout de suite.... Former son jugement, prendre du recul, condition essentielle de la liberté contre les dictatures de l'esprit...."

Celà me fait penser à ce livre qui parait : "L'actualité pure", de Cédric Lagandré, ce 14 octobre:

"Le monde moderne croit qu’il bouge. Mais l’homme moderne, lui, ne bouge pas : il s’inscrit dans un temps paralysé par les dispositifs techniques, une actualité pure, qui déploie devant lui comme au supermarché des possibles pré-vécus qu’il n’a plus à vivre, des paroles pré-parlées qu’il n’a plus à dire, des images pré-vues qu’il n’a plus à voir. Comment se remettre de cette paralysie ? Comment réapprendre à voir, à parler — à vivre ? Tel est l’enjeu des temps qui viennent : ou bien nous parviendrons à répondre à ces questions, ou bien nous crèverons d’une mort qui, elle aussi, ne sera bientôt plus la nôtre.

Cédric Lagandré est philosophe. Ancien collaborateur de la revue Mouvements, il est l’auteur de L’inspiration des Grecs (L’Harmattan, 2000), et de La société intégrale (Climats, 2009).
" -présentation Laurent de Sutter dir de collection Travaux pratiques éd PUF

Et si cette capacité de former son jugement et prendre du recul pouvaient parfaitement apparaitre en dehors du livre, au coeur de ce monde numérique par d'autres moyens, par une évolution des usages du web, que nous ne pouvons intégrer ou concevoir clairement car nous ne sommes pas des digital natives?
Un jour, le livre papier sera à la littérature ce que l'opera est à la musique : un genre codifié qu'il faut réapprendre et qui nous paraîtra loin sans apprentissage. Il est grand temps, pour comprendre quelle place aura le livre papier désormais, de se demander à quoi servent les classiques et quel rapport ils entretiennent avec la modernité, car le rapport avec le livre papier, fait de temps de calme et de recul, devient un "classique".

"Un jour des automates seront capables de raconter des histoires, avec leur style propre, et même une vocation pour le classicisme " Il est temps de sortir de ses propres automatismes et grand temps de lire Calvino -> Si vous passez à la librairie un w-e, achetez moi ce bel exemplaire de la machine littérature de Calvino, il ne sera jamais démodé, et vous serez toujours plongé dans l'actualité où que vous l'ouvriez... et en plus, ça me fera rudement plaisir ;-)

gogo gadget au web 2.0


Depuis quelques semaines, je teste sur mon blog un widget pour faire apparaitre les nouveautés du site de la librairie automatiquement en 1 pavé alors que nous avons plusieurs fils RSS. J'ai pas mal fait d'essais et comme je suis loin d'être un geek, j'ai été aussi adroite et efficace qu'un inspecteur Gadget.

J'ai fini par trouver un outil qui me plait. Ce que j'aime dans celui-ci c'est qu'il est configurable, c'est-à dire qu'on peut changer la couleur du pavé et de la police, et la longueur des entrées. Et il n'inclut pas de gros pavé pub (genre Facebook).

Futile penserez-vous, ces détails de mise en forme? J'assume ! Pour moi, on ne peut pas s'approprier un widget s'il ne s'insère pas graphiquement dans son site/blog et s'il est utilisé de façon trop indiscrète comme une colonne publicitaire.


Bien sûr, ce sont des outils gratuits et éphémères, on ne peut pas s'appuyer dessus pour développer une vraie démarche commerciale, beaucoup de temps passé pour rien, celà reste du côté du ludique et du marginal....

Oui mais quand même, je suis bien contente !


Je me dis que c'est pas possible de toujours travailler l'urgent et ce qui rapporte à tous les coups, d'ailleurs c'est pas ce qu'on fait en librairie en suant pour certains livres, j'ai fantaisie de mettre dans not' site un p'tit grain de fantaisie youpi youpi, et vendredi soir pendant que je serai à la librairie, j'envierai les petits chanceux qui pourront aller à St Ouen swinguer avec Minvielle sur l'air de Boby et mettre un sacré grain de fantaisie dans leur vie. Vous aurez le temps de dormir un peu avant de re-swinguer la lib à 17h, et puis dimanche après le croissant, il sera toujours temps d'aller voir les amis du salon de la revue...

lundi 5 octobre 2009

La fatigue du libraire ne passera pas par moi !

J'ai une nouvelle consoeur d'une semaine de l'autre côté de la place F Roosevelt.


Morceaux choisis :

"Le libraire est comme un généraliste : cinq minutes pour faire une ordonnance à des gens qui déboursent 200 euros."... la chance! personnellement, j'enlèverais un zéro au montant ;-)



"Trente secondes pour convaincre. Jouer la petite marchande de prose à l'ère d'internet, c'est plaider du matin au soir. Avocat : voilà ce qu'est un vrai libraire en 2009. Pour chaque livre, trouver les arguments qui vont donner envie. Même les faibles ont droit d'être défendus."

......heu... faibles mais beaux, mais parceque sinon, je n'ai plus la patience, je n'ai pas la générosité.
C'est vrai que ça a un côté artisan d'art, la façon dont on aborde chaque livre, chaque personne dans un moment particulier. Souvent, je me dis que ce que je vend, c'est un moment de relation dont le bouquin sera le souvenir. (sinon, pourquoi venir jusqu'à la librairie et pas "simplement" commander sur internet??)



Par contre, ce métier m'amuse toujours autant, avec ses rencontres improbables et ses questions farfelues. Et sa grande liberté de parole et d'expression : je me suis toujours promis que quand j'attraperai une mine d'outre-tombe j'arrêterais -déjà qu'on est très peu payé de façon générale, si en plus on s'amuse pas, où est l'intérêt, hein?


En général je suis seule à la librairie car je bosse soir et w-e, je m'en donne à coeur joie : je choisis ma musique, des trucs un peu bizarres qui font chanter les gens ou s'arrêter horrifiés c'est selon. (bientôt la playlist de la libraire, promis!)


Mon grand truc c'est de refaire les sélections du site de la lib en fonction du travail de mes collègues -dont je vois les indices sur les tables-, et de m'organiser des thématiques : je change les livres des tables en fonction - quitte à tout remettre en place pour la semaine quand c'est par trop farfelu -
Donc ce w-e c'était mon anniversaire, et j'ai eu droit à une série de sourires absolument épatants... et de recherches biblio de toute beauté. -> Ici l'excellente et sémillante Patricia Petibon, Proust à la main (avec son autorisation, merci!) et une recherche très intéressante aux lèvres mais -chuuuut- là c'est secret professionnel !


Mon prochain défi, c'est d'arriver à donner à un client envie de partir avec Richard. Si j'y arrive, promis, je vous donne le mot et la chorégraphie qui a marché ;-)





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