dimanche 27 janvier 2008

j'y serai...



Elle fait aussi la couv du Matricule... la lecture du Matricule ne sera peut-être pas de trop pour entrer dans le roman : passé le coup de coeur pour "Les Samothraces", l'écriture de Nicole Caligaris m'a toujours dépassée depuis. Je vois bien qu'il y a quelquechose que je n'atteind pas, quelquechose de plus intelligent que moi. Ca me fait un peu l'effet d'un contre-jour : une écriture trop forte, je dois me plisser le cerveau pour entrer dans les mots. Un jour, je trouverai le bon angle... peut-être avec Okosténie?

(photo, sommaire du n° : Le Matricule des Anges)

jeudi 24 janvier 2008

Les aventures de Nathalie Nicole Nicole, Marion Aubert, Théâtre du Rond-Point


Le texte est très beau, avec de surprenants déplacements et mélange des genres, parfois sans queue ni tête ou fantasmagorique, parfois réaliste mais déplacé. Au début les enfants jouent les adultes puis insensiblement, les adultes jouent les enfants, tout est en nuances et le sens ne se réduit jamais dans un symbolisme univoque, ce qui fait un peu tourner la tête, mais le jeu des acteurs vous tient à bout de bras malgré le morcellement. Le spectacle donne beaucoup de relief au texte je trouve. Il coupe quelques passages du texte paru chez Actes Sud papiers .

Marion AUBERT Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole suivi de Voyage en pays herblinois Pièces mai 2007 / 15 x 20,5 / 112 pages ISBN 978-2-7427-6798-4 prix indicatif : 15,00 €








Il y aura une rencontre entre Marion Aubert et Marion Guerrero à la librairie du théâtre du rond-point le mardi 5 février à 19h, organisé par l'ANETH.

dimanche 20 janvier 2008

Grosse fatigue #2

J'achète beaucoup d'occasion, mais aussi un peu partout au gré de mes visites de librairies (un de mes tourismes préférés). Surtout, je feuillette, j'emprunte beaucoup avant de me décider : l'achat de livre pour moi n'est pas anodin.

En France, le prix du livre neuf est encadré par une loi qui a pour but de favoriser la diffusion du livre : c'est un mécanisme un peu compliqué qui comprend plusieurs volets, mais en gros disons que celà permet à la chaîne du livre de s'articuler. C'est un peu comme un écosystème : retirer un maillon de la chaîne et tout le reste meurt.

Pourquoi cette loi a-t-elle été votée à l'unanimité en 81?? Car le livre n'est pas que du divertissement aux titres interchangeables, dont l'achat en masse montre l'apréciation du lecteur. C'est aussi un objet de culture et d'expression de l'imaginaire, et en celà chaque titre et unique et sa valeur ne peut pas ête indexée sur les quantités achetées.

Or pour les groupes monopolistiques, la logique sera toujours une logique du moindre coût, sans rapport avec la valeur de l'objet. C'est pourquoi la loi a pour but de garantir un écosystème permettant aux livres qui ne sont pas des productions de masse, de trouver leur public.

Amazon vient d'ête condamné pour non respect de cette loi, et a décidé de ne pas respecter la condamnation, de passer outre la décision de justice. L'excellent service de vente à distance et de vitrine en ligne n'est pas du tout mis en cause, mais sa stratégie marketing qui vise à ne pas respecter la loi pour se donner un avantage concurrentiel sur les autres.

En l'occurrence, le problème se trouve sur la gratuité des frais de port. Quel rapport avec la loi? Je vous avais dit que cette loi était complexe, je vous invite à lire le jugement pour mieux comprendre.

Entendons-nous bien : nous sommes tous favorables à la baisse des frais de port pour le livre. C'est pourquoi les éditeurs demandent à La Poste la baisse du port sur le livre, ce qui bénéficiera à tous, mais Amazon ne se joint pas à cette demande. Que fait Amazon? Il offre le port dans un cadre non légal et lance une pétition "pour défendre la livraison gratuite"... Dans ce cas, pourquoi ne pas se joindre aux éditeurs qui en font la demande??? Ce serait drôle si ce n'était pas une stratégie marketing qui ne bénéficie pas à tous et qui divise pour mieux régner.

Lekti-écriture.com a lancé une pétition en expliquant pourquoi la stratégie monopolistique d'Amazon est contraire à notre volonté à tous d'avoir accès aux livres.

Appel pour le livre : LIRE LA PETITION en entier... et la signer

Grosse fatigue

Thierry Wolton publie un article dans Le Monde "Les libraires et internet"

Encore un ramassis d'erreurs et d'ignorance d'une personne qui ne connaît pas du tout l'économie du livre. Comment un journal sérieux peut-il publier et cautionner celà????

"...les libraires, qui sont les principaux bénéficiaires de l'économie du livre" FAUX
"...le libraire paye à l'éditeur les seuls livres qui lui ont été achetés, puis il lui renvoie le reste à ses frais" FAUX

Et tout est à l'avenant...

Ma question est : es-t-on obligé de publier un article faux et caricatural pour mettre grossièrement de l'huile sur le feux et créer ainsi une polémique? Le Monde en est réduit à publier des articles mensongers pour faire du bruit, il y a d'autres façons plus saines et honnêtes de créer un débat d'idées, surtout de la part du Monde.

C'est assez lamentable.
Grosse fatigue.

Heureusement, contrairement au Monde, il y a des gens qui réfléchissent la complexité tout en s'engageant à corps perdu dans la chaîne du livre : Lekti-écriture.com a lancé une pétition en expliquant pourquoi la stratégie monopolistique d'Amazon est contraire à notre volonté à tous d'avoir accès aux livres.

Appel pour le livre : LIRE LA PETITION en entier... et la signer

dimanche 6 janvier 2008

faire des livres, défaire des codes


Connu pour ses créations d’affiches et d’identités visuelles, l’Atelier Michel Bouvet réalise également de nombreux travaux d’édition. C’est le processus de création mis en œuvre pour ce secteur qui est présenté dans l’exposition organisée à GOBELINS, l’école de l’image du 14 novembre 2007 au 11 janvier 2008.
L’exposition s’articule autour de cinq thèmes principaux :
- Faire des livres comme des affiches.
- Concevoir des collections.
- Inventer des livres.
- Faire des livres scolaires.
- Cataloguer. Les livres comme éléments d’un dispositif visuel.

Exposition ouverte de 10h à 18h, du lundi au vendredi.

Marc Pessin


Marc Pessin, au coeur de l'écrit

artiste archéologue, entomologiste, graveur, éditeur, dessinateur


Du 1er octobre 2007 au 9 février 2008

tendances

Mercredi 9 janvier à 20h à la librairie le comptoir des mots, 239 rue des pyrénées 75020 Paris :

Rencontre avec Guillaume Erner
autour de "Sociologie des tendances"
Editions des PUF, Collection Que sais-je ?

Guillaume Erner est sociologue. Il a déjà publié « Victimes de la mode » (Editions La Découverte), « Expliquer l’antissémitisme » (Editions La Découverte), « Manuel de nos folies ordinaires » (Editions Mango) et « La société des victimes » (Editions La découverte). Il est chroniqueur dans l’émission Eclectik sur France Inter et journaliste pour Metropolis sur Arte.
Guillaume Erner décrypte les tendances et nous montre comment celles-ci accompagnent l'homme dans chacun des territoires de son existence, du choix de ses vacances à celui d'un prénom pour son enfant en passant par la gastronomie. L’explication de ce phénomène permet de comprendre les mécanismes de l'imitation, de la diffusion des goûts par les médias notamment et de leur rôle de marqueur social.

mercredi 2 janvier 2008

la question de la valeur

Parfois il y a comme une sorte d'emballement autour d'un titre, ça me rappelle un peu "Les fruits d'or" de Sarraute.

Alors j'aime bien de temps en temps cette critique acerbe, méchanceté un peu gratuite qui égratigne un livre en le replaçant dans son contexte et sa stratégie d'édition : exemple avec "La physique des catastrophes" de Marisha Pessl par une langue de vipère dans Bibliobs.

Ce que j'aime bien avec les libraires, c'est qu'il y en a toujours pour s'extraire de ce système de valeurs et pour dire les choses qu'ils pensent simplement, directement : ainsi une libraire renommée de Biarritz disait il y a quelques mois devant les caméras que ce livre lui était tombé des mains et qu'elle n'avait pas pu le lire...

Tout celà m'intrigue et m'interroge beaucoup, ce qui me met bizarrement en phase avec mon ancienne université qui publie un recueil sur "l'Art et la question de la valeur". C'est un fil que je déroule depuis bien longtemps, je crois que j'en suis arrivée à pouvoir réciter par coeur l'introduction de "Pourquoi lire les classiques" d'Italo Calvino. Sauf que ce qui m'intéresse en librairie, c'est justement de voir en oeuvre, vivante pour ainsi dire, la réception littéraire décrite par Jauss ("Pour une esthétique de la réception") en train de se mouvoir, de se cristalliser.

Modes, tendances, avant-gardes, qu'est-ce qui, de tout ça qui se clame littérature, fera littérature? Comment la pertinence d'une oeuvre peut-elle se connaître et se comprendre? Et au milieu de ça, je fais aussi vivre des livre dont je considère qu'ils le méritent tout en sachant qu'ils ne sont pas forcément de la littérature ou qu'il ne font pas littérature.

Révolution copernicienne pour quelqu'un qui a été dressé à prouver en trois parties ce qui fait d'un texte une oeuvre d'Art...

Malheureusement, je trouve que ces questions à la limite de l'histoire, la littérature et la sociologie sont peu abordées. J'y vois une difficulté à accepter que la valeur esthétique n'est pas transcendante, immanente, mais bien en partie contextuelle, liée à un consensus social. "Petite anthologie commentée de succès littéraires" de Frédéric Duval. (Paru le : 01/01/2007. Editeur :, DROZ - ISBN : 978-2-600-01097-9 ) est sorti dans l'indifférence complète des libraires.

Je pense à la réflexion de Einstein à Menuhin : "Maintenant, je sais qu'il y a un Dieu dans les cieux." Comment renoncer à la révélation?

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