lundi 28 septembre 2009

De retour du BookCamp : portrait du libraire en super Mario Bros essayant d'accéder au level Minority Report

Pour faire honneur à l'appel au partage d'Hubert Guillaud, qui organise toujours ça avec une gentillesse et une efficacité confondantes, quelques notes du BookCamp concernant l'atelier organisé par les éditions volets verts à propos de la diffusion de contenu en magasin via Bluetooth.

En quelques mots, Jean-François Lazennec, éditeur (volets verts), nous a fait une démonstration de sa technologie Bluetooth puis nous avons discuté de ses applications possibles.

Il s'agit d'un petit boitier qu'on branche en librairie. Il envoie sur la surface de vente un signal que reçoivent les téléphones portables des clients. Ce signal, une fois accepté par le porteur du téléphone, peut transmettre au téléphone divers contenus au choix (j'y reviendrai), immédiatement ou après identification par code d'accès. L'administrateur de ce système Bluetooth, depuis son site internet d'administration, peut choisir quel document émettre par chaque bloc installé, avec ou sans protection de code.

On peut voir cette technologie en oeuvre au SPE Comptoir du livre 171 rue de la Convention, PARIS 15ème. Un des modèles imaginés serait l'envoi d'un extrait de livre en teaser, puis l'achat dans le magasin même du livre numérique, et le chargement sur le téléphone avec le code d'accès donné en caisse au moment de l'achat. Le livre peut aussi être envoyé immédiatement par Bluetooth gratuitement à tout client, c'est ce que Jean-François Lazennec a fait avec "Le tour du livre", qu'un des participants a pu charger sur son téléphone - mais mon téléphone n'a jamais voulu trouver le bluetooth du boitier :-( Il considère que cette technologie cible la clientèle technophile et pourrait être installée -location du boitier - dans toute librairie.

J'aurais bien du mal à résumer les échanges qui ont suivi, et qui ont surtout donné lieu à des discussions sur l'économie du livre de façon plus générale, du genre pourquoi les libraires ne vendent pas de livres numériques, pourquoi ne font-ils pas des expérimentations, les particularités de l'éditions sciences humaines, comment les éditeurs peuvent augmenter les connaissances et donc la capacité de conseil des libraires en les aidant à mieux connaitre le contenu de leurs livres il n'y a qu'à leur passer un coup de fil, pourquoi quand un livre ne marche pas on n'admet pas parfois qu'il est mauvais ou pas pertinent au lieu de quoi on accuse le libraire etc... -ce sont les apartés qui donnent au Bookcamp toute sa saveur, n'est-ce pas?

Pour moi a priori, c'est une technologie qui doit être utilisée avec un fort côté ludique : je l'utiliserais pour envoyer des contenus artistiques en lien par exemple avec l'espace galerie de la librairie. Quoiqu'on en dise, je ne suis pas à l'aise avec le côté "four à micro ondes" et matraquage marketing que la réception non demandée de sollicitations de ce genre me met en évidence. C'est comme de recevoir des prospectus dans ma boite aux lettres : elle est ouverte sur la rue, mais c'est pas pour qu'on y mette tout et n'importe quoi. L'usage est qu'on n'y mette que du courrier.
IL y a donc la possibilité technique : arroser ses clients. Et l'usage qu'on fait d'une technologie : le standard n'est pas d'arroser ses clients -et là est ma limite très clairement même je ne suis pas suffisament technophile pour en prendre l'exacte mesure -on n'est pas encore dans Minority Report que je sache. Ma question est : où et comment mettre quelle info là où le client l'attend, là où il ne l'attend pas mais en est agréablement surpris, et ne pas la mettre là où il ne le souhaite pas?



Je n'ai pas l'impression que l'usage du Bluetooth est qu'on envoie des sollicitations, mais si ça devait advenir, alors je suivrai la tendance. Par ex, je commencerais par envoyer une proposition d'abonnement à la newsletter de la librairie si on me prêtait un tel boitier bluetooth pour essayer ;-) Quand on aura une vraie proposition de fonds numérique, je préférerais installer Bluetooth comme mode d'envoi immédiat d'un achat d'objet numérique effectué en caisse, pour concrétiser cet achat. A priori, j'aurais envie de vendre la version numérique avec la version papier, mais pas la version numérique seule.
En fait, on parle de tuyaus. De cablages. Xavier Cazin d'immateriel.fr considérait dans son schéma Epagine comme un revendeur au même niveau qu'un libraire : on voit bien qu'on en est à tirer des câbles, relier des tuyaus.

Et moi libraire au milieu de tout celà, j'ai l'impression qu'on me prend pour Super Mario Bros et qu'on me demande de prendre la clef à molette, que Diable ! et de me secouer un peu les fesses pour bricoler les tuyaus sous peine de mort -et je l'aurais pas volé.

mardi 22 septembre 2009

le prix du strapontin sur la toile


Amazon veut être vendeur exclusif sur les sites qui se servent de ses services. (info via Actualitté)

En vérité, qui s'étonnerait qu'Amazon, après avoir capté des parts de marché à coup d'offre de contenus et services associés gratuits afin d'obtenir une place hégémonique, mette en place son retour sur investissement ? Je ne sais pas ce qui m'agace le plus : celui qui écrase ou celui qui clame son indépendance de façon si indignée, que du coup on se demande comment il a pu fonder tout son modèle en complète dépendance technique...

Amazon organisera son retour sur investissement (colossal) , un autre outsider viendra, qui cassera les prix des services ou en proposera d'autres, un peu comme on trouve toujours un discounter qui casse encore plus les prix. Et à ce moment-là, il est à parier qu'Amazon se ralliera à la demande des acteurs du secteur d'avoir une loi cadrante sur le livre numérique sur le modèle du livre papier. Un peu comme les soi disant libérateurs de la culture d'hier par le discount, soutiennent mordicus la loi du prix unique aujourd'hui.

Il suffit d'attendre un peu.

vendredi 11 septembre 2009

Enquête sur les consommations culturelles : ouf ! je suis has been

"une des problématiques principales de l’enquête était de mesurer l’inscription ou non des bibliothécaires dans certaines grandes mutations des pratiques et consommations culturelles. Cette question rejoint à la fois des préoccupations récurrentes de la profession et une tendance actuelle de la sociologie à donner à l’âge et à la génération la primauté sur la position sociale. Elle occupera la première partie de cet article. Dans un second temps, on étudiera la consommation par les bibliothécaires de deux catégories de biens culturels généralement assimilés à la culture des jeunes : le manga et le jeu vidéo." (extrait du dernier n° du bbf)


Faut pas croire, c'est pas parceque je ne participe pas de cette culture jeune personnellement, que je ne la prends pas en compte dans mon travail ("j'y pense et puis j'oublie, c'est la vie c'est la vie..."), d'ailleurs les réclames dans le metro tous les jours m'assurent une véritable formation continue en matière d'imaginaire de djeuns, et m'assurent par là même que non, décidément je ne suis plus djeuns du tout, et même je m'en réjouis !






D'autre part, quand je lis un(e) bibliothécaire affirmer "J’arrive à lire parfois dans la journée au travail" ça me laisse rêveuse, hillare, ou jalouse, selon l'humeur...


Bah, trève de moquerie, cet article est intéressant, j'aimerais avoir le même sur les libraires...

jeudi 10 septembre 2009

A vos Agendas ! Le 26 septembre

Je peux pas croire que je sois la seule libraire au bookcamp. Je dois être un peu dérangée pour aimer y aller?? C'est vrai que parfois dans ce genre de rencontres, j'ai l'impression d'être la Noiraude à qui on demanderait de faire du yaourt au goût bulgare ou aux fruits - sauf que là on me demandera carrément plus rien vu que je parle pas le bulgare... mais bon, moi je rêve quand même, je sors de ma peau de professionnelle garantie pure libraire traditionnelle estampillée BP INFL d'origine controlée, production artisanale. Et je m'imagine en Biche, genre "allô docteur, je voudrais être une startup, je voudrais vivre dans un environnement en plein boum créatif, il n'y a jamais de librairie dans les startup... on dit toujours "une startup innovante", on ne dit jamais "une librairie innovante""...

On est en pleine période de recomposition, un libraire vient d'annoncer sa tentative d'hybridation. C'est le moment de se lacher et de rêver un coup!


mercredi 9 septembre 2009

Un seul terme vous manque et votre site de librairie est dépeuplé

Dans quelques jours, c'est la rentrée pour le site de la librairie après son hibernation estivale. Plein d'idées, d'envies, mais je cherche le ton, la couleur la forme de ce que je vais choisir d'y mettre, dans les limites de temps et de moyens qui sont les notres. Avec la même question de base : comment s(e ré-)'incarner sur le web? A force d'y réfléchir, un mot revient sans cesse qui m'horripile : le mot "contenu" qui revient sans cesse qui me rappelle les dissert genre "sans séparer la forme du fond, vous montrerez comment ... blablabla"
C'est vrai, "contenu" c'est froid, c'est plat, c'est vague. Et comme j'adore manger et que j'adore les termes de cuisine que je trouve complètement exotiques, je me dis que "appareil" me plait bien : sous ses dehors très rebattus et quotidiens, c'est limite alchimique avec un petit coté désuet. Et mine de rien, maintenant que j'ai trouvé ce mot, j'ai l'impression que je réfléchis mieux.




-Nommer pour penser, penser en parlant. Ca me fait penser à un petit Kleist sur le rôle de la parole et de la discussion dans la structuration des idées, un livre vraiment chouette






APPAREIL :
(ORNEMENT )
A.− Ensemble des apprêts (en particulier la tenue, la toilette, etc.) qui contribuent à donner à une personne une apparence extérieure généralement très favorable
B.− Déploiement des apprêts, des moyens destinés à donner éclat et magnificence à un événement.

(MECANISME, CONTENU )
II.− Ensemble d'éléments constituant un tout et concourant à un même but.
A.− Ensemble d'organes ou de substances réalisant une même fonction.
B.− Ensemble de matières ou de matériaux réunis dans un but précis ou formant un tout organique.
->ART CULIN. Préparation pour la confection des mets.
->GÉOL. Appareil littoral. Accumulation sur le rivage des sables, des vases et des galets que le flot apporte. Appareil volcanique. Cheminée d'un volcan.
C.− Ensemble d'instruments, d'outils, de dispositifs employés pour mener à bien une tâche; machine complexe.

(extraits de mon Trésor)

Et parceque vous avez tout lu, un cadeau bonus : The Ghost and Ms Muir :
"-Vous n'avez pas fini la phrase
-Je sais, c'est... c'est ce mot. Je n'ai jamais écrit un tel mot.
-C'est un mot parfaitement juste
-Je trouve que c'est un mot affreux
-Il dit bien ce qu'il veut dire, n'est-ce pas?
-Bien trop clairement
-Mais quel mot employez-vous si vous voulez exprimer cette idée?
-Je n'en emploie pas !
-Mais nom d'un chien Lucia si vous vous mettez à être prude ce livre ne sera jamais fini, maintenant écrivez comme je vous l'ai dicté
!"

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