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mardi 14 avril 2009

aller au théâtre : il faut du temps d'imaginaire disponible

"Comme le remarque Yves Clot, les conditions d’exploitation au travail sont aujourd’hui telles que les travailleurs en arrivent à être privés de leur potentialité de curiosité et de création. Si on ne respire pas au travail, on ne respire pas à l’extérieur, on ne va pas au théâtre et on préfère le divertissement. Cela a évidemment des conséquences sur la création artistique puisque des gens qui pourraient venir au théâtre n’y viennent pas, et parfois, les artistes cèdent dans leur propre pratique et se laissent aller au divertissement. En deçà des modalités de l’action culturelle, il faudrait faire en sorte que l’artiste et le spectateur regardent l’autre comme un travailleur." Jack Ralite pour la Terrasse spéciale Avignon

jeudi 19 mars 2009

sombre vitalité

Nous avons beaucoup de petites maisons d'édition spé théâtres à la librairie, qu'un petit libraire généraliste - genre auquel j'appartenais il y a encore un an et demie - peut avouer sans honte ne pas les connaître toutes, tellement elles sont spécialisées... Je pense à Quartett, ou Color Gang par exemple. C'est dommage car il y a de vraies pépites comme les textes de Sébastien Joanniez qui peuvent être interclassés avec la littérature et dépasser leur genre... car on le sait, le rayon théâtre est difficile à faire vivre en librairie généraliste, il faut ruser...


De temps en temps, en passant devant un rayon, je tend le bras et j'attrape une couv qui m'accroche, un titre qui m'interpelle.

Là en l'occurrence, c'est la patte de Martin Verdet (un des lauréats du concours des plus beaux livres français) pour les éd Le Miroir qui fume qui m'a attrapée par le col.
Les couv se passent de commentaire : graphiques tout en restant lisibles, modernes sans être "tendance". Bref, extra.
Un format semi poche, carré, une police large mais juste ce qu'il faut (j'adore avoir la place d'écrire sur mes livres), une colle de bonne qualité (j'ai horreur des pages qui se détachent), un papier qui a de la matière (j'aime pas les papiers trop lisses ni blanc javel) bref, un vrai bonheur.

Et c'est comme ça, par un concours de circonstance complètement fortuit et superficiel, que j'ai pris une monumentale claque en découvrant Ximena Escalante, écrivain mexicain qui dit comme personne le ravage et la violence des désirs troubles qui tordent et oppressent. Avec un humour noir ravageur, une écriture serrée et extrêmement belle, tendue et si moderne. (un tour de force du traducteur Philippe Eustachon)
Un univers si mexicain, si féministe, mais écrit en dehors de tout motif proprement local ou féministe. Quelle surprise de l'entendre hier au salon du livre où elle était interrogée par son éditeur français Manuel Ulloa, citer Pascal, Voltaire et Racine comme ses lectures françaises préférées !! On se posait la question de savoir si une écriture violente et drôle existait en français sur ces mêmes thèmes, et à la réflexion, je dirais que Marion Aubert, surtout ses courts textes du recueil "La famille", est tout à fait de la même famille.
"Moi aussi je veux un prophète"

Le roi Hérode a emprisonné le prophète. La famille royale et son entourage se l'approprient pour combler leurs manques. Le roi Hérode angoissé par son vide intérieur le réduit au silence pour en faire le confident idéal, Salomé adolescente en rivalité avec sa mère en fait son amant, la reine Hérodias, manipulée par l'obsession de son image, se voit dépossédée du rôle central qu'elle voudrait tenir. Le prophète est mutilé et révèle les obsessions de chacun jusqu'à la mort.

Ximena Escalante racontait hier que c'est lors d'une mise en scène de Phèdre, qu'elle suivait, qu'elle a eu envie de réécrire Phèdre. Or le texte ne pouvait pas être modifié, alors ces réécritures ont donné naissance à ce texte d'une troublante vitalité mortifère et étouffante.


Le théâtre mexicain est un théâtre très peu traduit, dont les éditions Le miroir qui fume sont spécialistes. D'ailleurs il n'y a qu'à voir ma sélection spéciale "dramaturges mexicains" sur le site de la librairie pour le constater : une maison d'édition tout à fait indispensable !

jeudi 22 janvier 2009

"Qu'est-ce que c'est que d'être la fiction de l'autre? Par exemple dans un couple, est-ce qu'on existe réellement pour soi ou est-ce qu'on existe parcequ'on fait partie de la fiction de l'autre? "
à propos de La ville de Crimp



La Ville
envoyé par le_grand_t

vendredi 14 novembre 2008

une petite perle rabotée?

Ce soir Vendredi, 14 novembre 2008 à 21:00 sur Arte
Rediffusions : 16.11.2008 à 15:45


J'ai lu la pièce, j'ai bien aimé, mais j'ai malheureusement l'impression que cette adaptation de Florian Zeller est fort grandiloquente et met mal à propos du thriller et de la tension là où il y a de la légèreté et du farfelu. Le 2d degré de Sagan serait-il passé à l'as??? réponse ce soir...



Attirée par toutes les scènes, Françoise Sagan écrivit pour le cinéma et la chanson française, mais se révéla aussi une dramaturge de talent. Toutes ses pièces furent montées par les metteurs en scène les plus prestigieux et jouées par les interprètes les plus célèbres de son époque. Après la réédition de neuf de ses romans les plus célèbres, les éditions Julliard reprennent Château en Suède, première pièce de théâtre de l’auteur, publiée en 1960. Mise en scène par André Barsacq au théâtre de l’Atelier, la pièce créa la surprise en recevant le prestigieux prix du Brigadier. Dès lors, le théâtre de Sagan attira les plus grands noms, de Juliette Gréco à Danielle Darrieux. Château en Suède sera même adapté au cinéma par Roger Vadim, avec pour interprètes principaux Monica Vitti et Jean-Louis Trintignant. Dans un château en Suède encerclé de neige, les Falsen, une famille légèrement psychopathe, reste prisonnière jusqu’au printemps en compagnie d’un hôte qui s’est invité à l’improviste. Entre vrais et faux cadavres, la châtelaine désœuvrée s'amuse à séduire un cousin transi de froid et d'amour, sous le regard complice de son mari bourru et de son frère incestueux. À partir d’une intrigue classique de vaudeville, Château en Suède bascule vers la comédie de mœurs spirituelle et nuancée, décrivant les rêves d'amour et d'argent de générations opposées. (via le site des éditions Julliard)

vendredi 18 avril 2008

la grippe articulaire

L'hiver quatre chiens mordent mes pieds et mes mains Philippe Dorin joué au théâtre de l'Est parisien. (photo Camille Sultan issue du site du TEP)














Exchange de la Cie Yubiwa Hotel à la maison de la culture du japon à Paris. (photo issue du site de la MCJP)



Des miroitement de poésie, des éclats qui ne forment malheureusement pas encore pour moi un dessin. C'est la loi des séries en ce moment, je me demande si c'est moi qui ai l'articulation grippée... ou si ces notes ne résonnent pas assez pour toucher mon oreille visuelle...

jeudi 24 janvier 2008

Les aventures de Nathalie Nicole Nicole, Marion Aubert, Théâtre du Rond-Point


Le texte est très beau, avec de surprenants déplacements et mélange des genres, parfois sans queue ni tête ou fantasmagorique, parfois réaliste mais déplacé. Au début les enfants jouent les adultes puis insensiblement, les adultes jouent les enfants, tout est en nuances et le sens ne se réduit jamais dans un symbolisme univoque, ce qui fait un peu tourner la tête, mais le jeu des acteurs vous tient à bout de bras malgré le morcellement. Le spectacle donne beaucoup de relief au texte je trouve. Il coupe quelques passages du texte paru chez Actes Sud papiers .

Marion AUBERT Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole suivi de Voyage en pays herblinois Pièces mai 2007 / 15 x 20,5 / 112 pages ISBN 978-2-7427-6798-4 prix indicatif : 15,00 €








Il y aura une rencontre entre Marion Aubert et Marion Guerrero à la librairie du théâtre du rond-point le mardi 5 février à 19h, organisé par l'ANETH.

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